Savez-vous qui a composé la première musique de film ?

Savez-vous qui a composé la première musique de film ?

On doit à Camille Saint-Saëns la création originale de la première musique de film

La composition de la première musique de film originale a été confiée à Camille Saint-Saëns pour la sortie du film « L’Assassinat du duc de Guise« . Sorti en 1908, ce film muet a été réalisé par André Calmettes et Charles Le Bargyilm.

Le succès du film dû à la qualité de la musique originale et du scénario.

L’Assassinat du Duc de Guise fait partie des premiers films français à rencontrer un immense succès international. C’est le premier film produit et réalisé par la nouvelle société de production « Le Film d’art », et est présenté pour la première fois le 17 novembre 1908 à Paris, dans une salle de cinéma de la rue Charras.
Dans la lignée du « Voyage dans la lune » de Georges Méliès, le film se démarque indéniablement parmi les premiers films français. Premièrement, grâce à Charles le Bargy, à la fois réalisateur et comédien, qui impose de nouvelles directives aux acteurs en favorisant des gestes fluides et plus expressifs aux traditionnelles pantomimes. Ceci a été très favorable puisqu’on déplorait l’absence de support mécanique sonore à l’époque. Ensuite, l’exceptionnel scénario écrit par Henri Lavedan amplifie le genre dramatique et historique du film.

« L’Assassinat du duc de Guise », un film inspiré de faits réels

Le duc Henri Ier de Lorraine de Guise est le personnage principal du film, son rôle est interprété par Albert Lambert. Suite à une question de rivalité, le roi Henri III (interprété par Charles le Bargy) et ses gardes royals orchestrèrent l’assassinat de ce dernier. Il le convia alors au château du Blois la journée du 23 décembre 1588 sous un prétexte futile. Par prudence, la marquise de Noirmoutier (interprétée par Gabrielle Robinne) incite son amant à décliner l’invitation. Comme cette tentative de mise en garde a été vouée à l’échec, le duc de Guise se rendit quand même à l’entrevue. Dans une salle où il attend impatiemment la venue d’Henri III, les gardes personnels du roi se précipitent sur lui. Exécuté d’un coup de poignard, il succombe à cette attaque. Une preuve incriminante de la trahison du Duc incita le roi à donner un ultime coup de pied au cadavre.

Les gardes emportent le corps, le déposent dans la salle des gardes, et décident de le brûler dans la cheminée. Henri III, resté seul, s’agenouille pour prier

« L’assassinat du duc de Guise »: un film muet très long pour l’époque

Pour accompagner ce film muet très long pour l’époque (environ un bon quart d’heure), les réalisateurs André Calmettes et Charles Le Bargy font appel à un compositeur qui deviendra célèbre avec son opéra « Samson et Dalida » : Camille Saint-Saëns. Celui-ci, habitué à la musique de ballet et de scène, accepte ce nouveau challenge.

La partition, composée pour un ensemble instrumental, propose des thèmes chromatiques anticipant le destin funèbre du Duc de Guise. Avec une parfaite maîtrise de la composition sonore, le compositeur du «  Carnaval des animaux » sait trouver les inquiétants motifs qui soulignent l’intrigue qui se noue à l’écran. Il fait en sorte d’accentuer les sentiments et les pensées des personnages à l’écran. En génial compositeur, Saint-Saëns a su parfaitement synchroniser sa partition avec l’assassinat du duc à la fin du court-métrage.

Malgré son caractère inédit et expérimental, la bande originale de Camille Saint-Saëns est un coup de maître. A l’époque, le compositeur était agé de 73 ans.

« Lassassinat du Duc de Guise » réalisé par les Frères Lumière

Ce film est un remake de « L’Assassinat du duc de Guise » réalisé en 1897 pour les frères Lumière, mettant en scène l’assassinat d’Henri Ier de Guise. Muet, en noir et blanc, il fut projeté à Lyon le 31 octobre 1897. Grâce à sa bobine mesurant 17 mètres, il offrait environ une minute de projection !

assassinat du duc de guise
L'Assassinat du duc de Guise, peinture d'histoire de Paul Delaroche, musée Condé (1834).

Charles Camille Saint-Saëns, né à Paris le 9 octobre 1835 et mort à Alger le 16 décembre 1921, a écrit douze opéras, dont le plus connu est Samson et Dalila (1877), de nombreux oratorios, cinq symphonies, cinq concertos pour piano, trois pour violon et deux pour violoncelle, des compositions chorales, un Requiem, un Oratorio de Noël, de la musique de chambre et des pièces pittoresques, dont la plus célèbre est incontestablement Le Carnaval des animaux (1886).

L'assassinat du duc de guise, d'André Calmettes (version muette)

André Calmettes, Public domain, via Wikimedia Commons

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